AS CAN BE

Voir et Entendre le Monde

Un pèlerinage contemporain à découvrir prochainement. Nous y travaillons…

As Can Be

Sur les routes d’Europe_22/09-22/10/2013

Le 22 septembre 2013, le TGV dans lequel j’ai embarqué à Lausanne en Suisse atteint sa destination: Paris. J’y rejoins mon ami cinéaste Brian Gibson, rencontré à New-York en 2011. Ces retrouvailles marquent le début d’une aventure magnifique dont je n’imaginais pas l’importance. Un périple qui m’emmènera au-delà des frontières de la géographie humaine. Dessiner ses rêves, c’est le plus beau voyage.

Entre passé, présent et futur, durant un mois jour pour jour, j’accompagne Brian sur les traces indélébiles de son grand-père.

En 1953, William Gibson arrive en Allemagne depuis les Etats-Unis par bateau. Préalablement muté en Corée, son état de santé en décidera ainsi. Il s’installe alors à Nuremberg où il travaillera dans un centre funéraire. Il prendra non seulement soin des lieux, mais aussi des corps destinés à y reposer. C’est alors…

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AS CAN BE

Un pèlerinage contemporain à découvrir prochainement.

B May Gibson a travaillé comme un fou l’an dernier pour réaliser une oeuvre magnifique, que je viens de découvrir. De mon côté, j’ai traduit l’intégralité des interviews de mon mieux depuis Jan Evertsenstraat à Amsterdam.

Une année après nos retrouvailles, “As Can Be” est né. Une biographie poignante à laquelle nous nous identifions tous. Un voyage sur la terre, un voyage intérieur et un voyage ancestral.

Nous avons tous un grand-papa. Qu’il soit vivant ou mort, peu importe puisqu’au fond, il est éternel.

Sur les routes d’Europe_22/09-22/10/2013

Le 22 septembre 2013, le TGV dans lequel j’ai embarqué à Lausanne en Suisse atteint sa destination: Paris. J’y rejoins mon ami cinéaste Brian Gibson, rencontré à New-York en 2011. Ces retrouvailles marquent le début d’une aventure magnifique dont je n’imaginais pas l’importance. Un périple qui m’emmènera au-delà des frontières de la géographie humaine. Dessiner ses rêves, c’est le plus beau voyage.

Entre passé, présent et futur, durant un mois jour pour jour, j’accompagne Brian sur les traces indélébiles de son grand-père.

En 1953, William Gibson arrive en Allemagne depuis les Etats-Unis par bateau. Préalablement muté en Corée, son état de santé en décidera ainsi. Il s’installe alors à Nuremberg où il travaillera dans un centre funéraire. Il prendra non seulement soin des lieux, mais aussi des corps destinés à y reposer. C’est alors qu’il fera l’acquisition d’une voiture avec laquelle il parcourra, lors de ses congés. l’Allemagne, la France et l’Italie avec son ami italien. L’américain et l’italien en 1953, Brian et moi en 2013, cheveux au vent, libres, loin de se douter de l’impact qu’aura ce “pèlerinage” sur leurs vies, sur nos vies après eux. Grâce à lui. Tel un château, un monde immense, le puzzle humain se poursuit.

Une aventure de vie. Une aventure humaine, sensorielle, spirituelle avec pour seul présupposé, l’itinéraire de William que Brian a minutieusement reconstitué par le biais d’archives de films capturés avec la même caméra 8mm que son “ancêtre” avait déjà choisi comme témoin fidèle de son parcours. La musique de son mécanisme, la mémoire de William, l’authenticité de Brian, nos sensibilités communes, des destins croisés.

Ce fabuleux projet donnera naissance a un film (et plus encore) sur lequel Brian et moi travaillons durement à l’heure où vous lisez ces lignes. Vous le découvrirez certainement en 2014. Je vous tiendrai au courant, mais en attendant, voici un petit échantillon de pensées, réflexions abstraites ou rêvées au fil de mon propre chemin.

PARIS:

Depuis sa dernière visite il y a une année de cela, la barbe et les cheveux de Brian ont considérablement raccourci. Ma tête, rasée il y a deux mois, est maintenant recouverte d’un court duvet qui évolue quotidiennement avec moi.

Du sommet des montagnes suisses, on se retrouve à Paris. Les déambulations. Le café. Les cigarettes. Les pavés qui filent sous nos pieds. Dans le ciel, les oiseaux et les avions… La découverte pratique et confirmée objectivement (puisqu’au moins par deux personnes, Brian et moi-même) de la synchronicité dont Jung est le précurseur.

Débute une oeuvre dont je connais tout, en ignorant tout. Encore si loin d’avoir réalisé la richesse de cette aventure qui commence. Brian, tout aussi inconscient de sa propre mutation en tant que médium des scènes de vie qui décideront de se montrer à lui et de se laisser capturer au “hasard”. Pour ma part, je deviendrai sa voix en l’accompagnant à la rencontre de celles et ceux et de ce que l’on trouvera sur notre route. L’inconnu, le déjà connu.

Une histoire de vie est en création, en continuation…

AMSTERDAM:

L’amitié. La vie. Les liens jamais perdus. Les retrouvailles avec Adrien, un précieux ami, depuis une décennie maintenant. A Amsterdam. Tout trois réunis, emmenés par l’air de la mer du Nord, ses briques rouges, la mélodie de ses vélos, les mouettes qui virevoltent.

Et les notes du piano qui rythment nos échanges constants.

Au fil de ses canaux, le scénario s’écrit déjà.

FRANCFORT:

S’endormir à quatorze ans en pantoufles tricotées, dans une chambre d’adolescents. Se réveiller à presque trente-quatre ans, parée de laine, de lin et d’ambre, dans le royaume de Vilma. Vilma, la créatrice. Chez elle, je découvre ou redécouvre un bout de la femme que je suis et qui naît enfin.

Y revoir Tony et Pat sans l’avoir prévu. La preuve que ce qui doit survenir entre les êtres, survient malgré tout. Et dans cette énergie qu’ils dégagent, dans leur maison océane et médiévale à la fois, impossible de rester muets. Chacun et chacune se confie dans une paix et une confiance déjà établies sans avoir eu à les “travailler”, sans les avoir jamais forcées.

Faire ou refaire connaissance avec sa famille, celle qui n’a pas de nom.

NUREMBERG:

Nos noms sur la porte de notre chambre. Avant même de franchir le seuil, je me sens chez moi, parmi les miens. Au mur des papillons brodés. Sur l’étagère, le puzzle d’un château. Dans ma poche, la bougie achetée ce jour lors de la visite du cimetière où William travaillait. Elle brûlera dès notre entrée dans cette chambre et ne cessera de nous éclairer jusqu’à notre départ.

Mes rêves deviennent de plus en plus intenses et clairs. Les scénarios me parlent avec un réalisme que je découvre. Je crois que j’expérimente pour la première fois ce que certains appellent “des rêves lucides”. Les symboles et les signes me sautent au visage dans la réalité quotidienne également. Ça me donne des frissons. Les messages semblent arriver en cascade. Impossible de les ignorer. La lignée d’oiseaux qui, telle une flèche, vise sa cible avec précision. Cible que je crois ignorer…
La sensation exacte d’avoir continué mon chemin toujours accompagnée, aimée et guidée par quelque chose de bien plus grand ou peut-être infiniment plus petit (?).
Les détails. Oui, tout est dans le détail.

Dieter immortalise tout dans son atelier.

Dieter le collectionneur, le rieur, le souriant, le joyeux, le sensible.

Dieter, témoin de la beauté en chaque chose, aussi minuscule et anodine puisse-t-elle sembler.

PISA:

La tour penchée. Les cyprès. Et ce sentiment qui revient de l’enfermement par les autres. Mais la gratitude d’être assez sensible pour m’en libérer.
Ma vie est un cadeau. Je suis bénie des cieux. Mes ailes sont immenses, me portent. La compréhension que le voyage, tout comme la vie, continue au-delà de tout contexte. Le plus beau voyage est certainement intérieur.
Les réponses fusent et les question s’estompent. La confiance croît.

Il est tant de donner son sens à la chose. La chose que nous sommes.

ROMA:

Un oiseau dévore la carcasse de son semblable sur le gazon du Colisée. Un homme découpe notre profile dans un papier cartonné. Notre ombre immortalisée. Les parapluies s’ouvrent. Ils s’ouvraient déjà à Pise, mais ici ils deviennent rouges.
Tout s’exprime de manière plus évidente chaque jour. Le café retrouve enfin tout son arôme, mais la cohue vampirise.
Fenêtre ouverte sur building bétonné. Les alentours de la gare d’Ostienze me désolent. L’Italie sombre et on s’élève. Je la regarde, muette comme une tombe.

Les gens me parlent, le monde me parle, l’Univers me parle aussi. Et moi, je me tais.

NAPOLI:

Ouvrir les yeux et découvrir là, juste devant ma fenêtre, un Saint et ses Anges qui gardent mon sommeil. Une sculpture immense que je pourrais presque toucher si je me penchais un peu. Une œuvre qui dépasse notre balcon du 4ème étage. Juste là, au bout de mes doigts.

Vue imprenable sur San Gennaro et sur une ruelle des plus typique de Naples.

Où suis-je? En Inde, en Afrique ou en Europe? A quelle époque et dans quelle dimension? Entre ciel et terre.

Entre rêve et réalité. Entre conscient et subconscient.

BERCHTESGADEN:

Être guidés, là exactement où l’on devait être mais où nous n’avions jamais prévu d’arriver. Se réveiller après la nuit, le brouillard totalement dissipé et découvrir à nos pieds, devant nos yeux, l’exacte scène que l’on cherchait du premier jour. Attraper un parapluie rouge, entendre le bourdonnement de l’abeille, trouver l’endroit où tout commence, où tout finit.
Suivre les signes de plus en plus évidents et encore, être deux à en témoigner. La subjectivité de la perception continue de se révéler.
C’est ici, cette nuit du 18 octobre que nous serons aux premières loges pour admirer la dernière éclipse lunaire de cette année 2013.

Le paradis est sur cette terre, ne cherchons plus!